La distinction entre la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) et la Validation des Acquis Professionnels et Personnels (VAPP) suscite régulièrement des interrogations. Ces deux dispositifs sont souvent confondus alors qu’ils répondent à des objectifs différents, tout en étant complémentaires selon les besoins de chacun. Ils permettent soit de faire reconnaître des compétences déjà maîtrisées, soit de développer celles qui restent à acquérir.
Présentation des deux dispositifs
La VAE, ou Validation des Acquis de l’Expérience, a pour objectif l’obtention de tout ou partie d’un diplôme. Elle repose sur la reconnaissance officielle des compétences acquises au cours de l’expérience professionnelle.
La VAPP, ou Validation des Acquis Professionnels et Personnels, vise quant à elle à permettre l’accès à une formation sans disposer du diplôme initialement requis. Elle accorde ainsi un niveau de diplôme dit « virtuel », qui autorise l’entrée en formation. Par exemple, une personne titulaire d’un baccalauréat ou d’un BTS souhaitant intégrer un Master pourra passer par une VAPP afin d’obtenir un niveau équivalent à une Licence ou un BUT (bac +3).
Dès lors, la distinction est claire : la VAE permet d’obtenir un diplôme reconnu, tandis que la VAPP permet d’accéder à une formation grâce à un niveau de diplôme non certifié.
Une différence de logique avant tout
La différence essentielle entre ces deux dispositifs ne réside pas uniquement dans leur fonctionnement, mais dans leur logique.
La VAPP constitue une autorisation. Elle repose sur l’idée que le parcours du candidat est suffisant pour intégrer une formation, même en l’absence du diplôme requis. Toutefois, le niveau ainsi obtenu n’est pas certifié et ne confère pas le diplôme. Ce dernier ne pourra être revendiqué qu’après avoir suivi et validé la formation.
À l’inverse, la VAE relève d’une logique de reconnaissance. Elle exige de démontrer la maîtrise des compétences du diplôme visé. Si cette maîtrise est confirmée à l’issue des différentes étapes — recevabilité, faisabilité, constitution d’un dossier de preuves et passage devant un jury — le diplôme est attribué avec la même valeur que s’il avait été obtenu par la voie classique.
Des attendus différents
Ces logiques distinctes impliquent des attentes également différentes.
Dans le cadre d’une VAPP, il s’agit de prouver que le parcours permet de suivre et de réussir la formation envisagée. Le candidat doit ainsi présenter son parcours de manière structurée, mettre en avant les expériences en lien avec la formation, expliciter les compétences développées, même si elles ne sont pas formalisées par un diplôme, et apporter des éléments concrets tels qu’un CV détaillé, des attestations ou des descriptions de missions. Il est également attendu de justifier le projet de reprise d’études, en expliquant la pertinence du choix de la formation et le moment de cette démarche.
Selon les établissements, cette démarche se matérialise généralement par un dossier écrit structuré, accompagné d’un argumentaire sur la cohérence du projet, et parfois complété par un entretien avec une commission pédagogique.
En VAE, l’évaluation porte sur l’adéquation entre l’expérience professionnelle et le référentiel de compétences du diplôme visé. Le candidat doit produire un dossier écrit structuré, souvent conséquent, comprenant une analyse approfondie de situations professionnelles. Ce travail est ensuite soutenu devant un jury chargé d’évaluer la maîtrise des compétences.
Temps et niveau d’engagement
L’implication requise diffère significativement entre les deux dispositifs.
La VAPP correspond généralement à une démarche de courte à moyenne durée. La constitution du dossier peut s’étendre de quelques jours à quelques semaines, selon la disponibilité du candidat et la complexité de son parcours. Le traitement du dossier par l’établissement nécessite ensuite quelques semaines supplémentaires. Dans l’ensemble, la procédure s’inscrit le plus souvent dans un délai de deux à six semaines, parfois davantage selon les calendriers universitaires.
La VAE, en revanche, s’inscrit dans une temporalité plus longue. Elle implique un travail d’analyse approfondi et un niveau d’exigence élevé. Cette démarche s’étend généralement sur plusieurs mois et demande un investissement personnel conséquent.
Comment choisir entre VAE et VAPP ?
Le choix entre VAE et VAPP dépend avant tout du niveau de maîtrise des compétences visées.
De nombreux candidats considèrent spontanément que leur expérience les oriente vers une VAE. Toutefois, si cette expérience ne couvre pas suffisamment les exigences du diplôme, le risque de non-recevabilité, de validation partielle ou de non-validation est réel. Dans ce cas, la VAPP peut constituer une alternative pertinente, en permettant d’intégrer une formation afin de compléter les compétences manquantes.
Ce choix implique néanmoins une organisation différente. La reprise d’études peut nécessiter une disponibilité importante, voire une mise entre parenthèses de l’activité professionnelle pendant plusieurs mois. À l’inverse, la VAE offre davantage de flexibilité, puisqu’elle peut être menée en parallèle de l’activité professionnelle, notamment en soirée ou le week-end.
Ainsi, la question centrale à se poser est la suivante : êtes-vous en mesure de démontrer dès à présent la maîtrise des compétences du diplôme visé ? Si tel est le cas, la VAE apparaît comme la voie la plus adaptée. Dans le cas contraire, la VAPP permet d’accéder à une formation pour acquérir les compétences nécessaires.
Pour les personnes hésitantes, un accompagnement peut s’avérer utile afin d’identifier la démarche la plus pertinente au regard du parcours et des objectifs professionnels.