À l’approche de la pause estivale, c’est le bon moment pour aborder un sujet encore trop méconnu dans les parcours de Validation des Acquis de l’Expérience : le congé VAE.
Ce droit, inscrit dans le Code du travail, permet aux salarié·es de bénéficier de 48 heures d’absence rémunérée pour avancer sur leur dossier VAE. Et pourtant, beaucoup y renoncent… parfois sans même le savoir.
Dans cet article, on vous explique concrètement :
- à quoi sert ce congé,
- qui peut en bénéficier,
- comment le demander,
- et dans quelles conditions spécifiques pour les CDD et les intérimaires.
Mais avant ça, un détour par une réalité de terrain.
Informer ou ne pas informer son employeur : un vrai choix stratégique
Lorsqu’on engage une démarche de VAE, une question surgit très vite :
“Est-ce que j’en parle à mon employeur ?”
Beaucoup de candidat·es choisissent de garder leur projet confidentiel.
Et c’est compréhensible. Selon les contextes, la discrétion peut protéger : éviter des tensions, des interrogations malvenues, ou une remise en question de sa place dans l’entreprise.
Mais cette discrétion a un coût : ne pas informer son employeur, c’est renoncer automatiquement au congé VAE.
Et donc se priver de 48 heures de travail rémunéré, pourtant prévues par la loi, pour avancer sereinement sur son dossier.
À l’inverse, assumer sa démarche permet parfois d’ouvrir le dialogue, d’être soutenu, voire accompagné dans un parcours RH structurant.
👉 Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse.
Il y a des contextes, des enjeux, et un choix à faire en conscience.
Le congé VAE, concrètement : à quoi sert-il ?
Le congé VAE permet de s’absenter de son poste jusqu’à 48 heures, pour réaliser des actions directement liées à la validation des acquis :
- Participer aux rendez-vous d’accompagnement VAE
- Travailler sur son livret 2 et son oral
- Ou se rendre et passer son jury VAE
Depuis la réforme entrée en vigueur début 2024, la durée maximale a été portée à 48 heures (contre 24 auparavant).
Ce temps peut être utilisé en une seule fois ou fractionné.
Surtout, ce congé est considéré comme du temps de travail effectif. Il ouvre donc droit au maintien de salaire et à tous les droits associés.
Qui peut bénéficier du congé VAE ?
Tous les salarié·es peuvent y prétendre :
- qu’ils soient en CDI, en CDD, en intérim,
- dans le secteur privé ou public.
Mais une condition doit être remplie :
- Avoir obtenu la décision de recevabilité de la part du certificateur
📌 Important : le congé ne couvre que la période post-recevabilité.
Les heures consacrées à la constitution du livret 1 (recevabilité) ne sont donc pas éligibles.
Comment faire la demande de congé VAE ?
La procédure est simple, mais encadrée :
- Faire une demande écrite à son employeur au moins 30 jours avant la date prévue du congé (contre 60 jours avant 2024).
- Cette demande doit mentionner :
- la durée souhaitée (dans la limite de 48h),
- la période visée,
- et surtout, joindre la décision de recevabilité.
- L’employeur dispose de 15 jours calendaires pour répondre :
- il peut accepter,
- ou reporter le congé pour raisons de service (dans la limite d’un mois),
- en cas de non-réponse dans les délais, le congé est considéré comme accepté.
Quelles règles spécifiques pour les CDD et les intérimaires ?
➤ Si vous êtes en CDD
Vous avez droit au congé VAE :
- soit pendant le contrat, avec l’accord écrit de l’employeur,
- soit dans les 12 mois qui suivent la fin du contrat, sans avoir besoin de son autorisation.
⚠️ Pour en bénéficier, vous devez :
- avoir obtenu la recevabilité pendant la durée du contrat,
- et justifier de 24 mois d’activité salariée ou d’apprentissage au cours des 5 dernières années.
➤ Si vous êtes intérimaire
Vous pouvez également accéder au congé VAE si vous remplissez ces deux conditions :
- 2 000 heures de mission en intérim dans les 36 derniers mois,
- dont 600 heures dans la même agence d’intérim.
📌 La demande s’effectue via l’entreprise de travail temporaire, dans les mêmes conditions de délai (30 jours avant, justificatifs à l’appui).
Le congé VAE est-il rémunéré ?
Oui, toujours.
Le Code du travail est clair : le congé VAE est du temps de travail effectif.
Il est donc obligatoirement rémunéré. L’employeur ne peut pas le déduire de votre paie, même s’il ne reçoit pas de financement en contrepartie.
Dans certains cas, comme l’intérim, l’entreprise peut se faire rembourser par des dispositifs comme le FAF.TT.
Mais pour vous, aucun impact : vous êtes payé comme si vous étiez au travail.
Pourquoi utiliser ce droit ?
Parce qu’il existe. Parce qu’il est légal. Et parce qu’il est utile.
Engager une VAE, c’est exigeant : cela prend du temps, de l’énergie, et nécessite parfois de jongler avec les contraintes personnelles et professionnelles, et 48H00 de congé rémunéré peuvent faire la différence !
Pour aller plus loin ?
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