La transition écologique occupe une place croissante, tant dans les pratiques professionnelles que dans les référentiels des diplômes récents. Il est donc pertinent de s’interroger sur la manière dont cette notion peut être intégrée dans une démarche de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) afin de répondre aux attentes des jurys et de valoriser ses compétences.
La transition écologique dans les diplômes
Les diplômes sont régulièrement révisés, tous les cinq ans maximum, afin de rester en adéquation avec l’évolution des métiers. Aujourd’hui, la dimension environnementale y est de plus en plus présente. L’objectif est de permettre aux candidats de répondre à ces nouvelles exigences, voire de les anticiper, en identifiant les compétences attendues dans ce domaine.
Sur le terrain, la transition écologique concerne l’ensemble des secteurs, métiers et organisations. Elle vise à limiter l’impact environnemental des activités humaines.
Exemples concrets par secteur :
- Bâtiment : utilisation de matériaux biosourcés, rénovation énergétique, chantiers bas carbone.
- Logistique et transports : optimisation des tournées, choix de véhicules électriques, réduction des trajets à vide.
- Industrie : réduction des consommations d’eau et d’électricité, valorisation des rebuts, production plus propre.
- Restauration : réduction du gaspillage alimentaire, révision des circuits d’approvisionnement, sensibilisation des équipes.
- Management et ressources humaines : intégration de la RSE, de la QVCT, promotion de la sobriété et de la performance durable.
Ainsi, la transition écologique constitue une compétence transversale, déjà mise en pratique par de nombreux professionnels, parfois sans en avoir conscience.
La transition écologique dans la pratique professionnelle
Cette notion concerne tout professionnel capable de mettre en œuvre des pratiques réduisant l’impact environnemental, par exemple :
- un conducteur de travaux qui réorganise ses chantiers pour limiter les déchets ;
- une responsable logistique qui déploie une flotte de véhicules électriques ;
- un cuisinier qui restructure sa carte autour de produits locaux ;
- un technicien industriel qui récupère les eaux de process ;
- un cadre RH qui intègre la durabilité dans la politique de formation.
Ces actions constituent autant de preuves de compétences valorisables dans un dossier de VAE.
Pour soutenir ces pratiques, de nouvelles compétences, dites « compétences vertes », ont été définies par l’OCDE et l’OIT comme :
« Les connaissances, aptitudes, valeurs et attitudes nécessaires pour vivre, développer et soutenir une société durable et efficace dans l’utilisation des ressources. »
Il s’agit de compétences permettant d’accomplir les mêmes tâches qu’auparavant, mais en réduisant leur impact environnemental. Elles modifient principalement le « comment » et non le « quoi » de l’activité, ce qui est essentiel dans l’analyse de pratique en VAE.
Les compétences vertes : catégories et exemples
Les compétences vertes se déclinent en trois catégories principales : techniques, organisationnelles et comportementales.
1. Compétences techniques
Ce sont des compétences visibles et directement observables sur le terrain. Elles concernent les gestes, procédés et outils qui réduisent l’impact environnemental d’une activité.
Exemples :
- Bâtiment : choix d’un isolant biosourcé, récupération des eaux de pluie pour le nettoyage, entretien du matériel, optimisation des quantités de matériaux.
- Mobilité : conduite éco-responsable, planification des trajets pour limiter les kilomètres à vide, utilisation de pièces reconditionnées.
Dans un dossier de VAE, elles se traduisent par des verbes d’action tels que « installer », « contrôler », « réparer », « optimiser », « planifier différemment », « choisir un matériau pour son impact ».
2. Compétences organisationnelles
Ces compétences sont moins visibles, mais elles influencent fortement la performance et la durabilité des activités. Elles concernent la manière d’organiser le travail en intégrant des critères environnementaux.
Exemples :
- Planification des chantiers pour réduire les déplacements ou mutualiser les livraisons ;
- Révision des processus d’achat pour privilégier les circuits courts ;
- Mise en place du tri des déchets et suivi des consommations ;
- Coordination des prestataires en intégrant des critères environnementaux ;
- Implication des équipes dans des démarches de sobriété ou de recyclage.
Dans un dossier de VAE, ces compétences peuvent être présentées sous la forme de formulations telles que :
« J’ai repensé l’organisation du chantier pour limiter les déplacements »,
« J’ai mis en place un tableau de suivi des déchets »,
« J’ai adapté le planning pour réduire la consommation énergétique ».
3. Compétences comportementales
Ces compétences concernent l’attitude et la posture professionnelle. Elles influencent directement la qualité du travail et la réputation de l’entreprise.
Exemples :
- Sensibiliser les collègues à l’impact environnemental ;
- Convaincre un client d’adopter une solution durable ;
- Se montrer curieux des innovations écologiques ;
- Arbitrer entre gain immédiat et bénéfice à long terme ;
- Adopter une logique de sobriété dans les pratiques quotidiennes.
Dans un dossier de VAE, elles se traduisent par des phrases telles que :
« J’ai proposé à l’équipe de trier les matériaux pour gagner en propreté et en efficacité »,
« J’ai accompagné mes collègues dans l’adoption d’une nouvelle méthode plus économe »,
« J’ai alerté sur les risques environnementaux liés à une pratique existante et proposé une alternative ».
Ces éléments permettent de démontrer la maturité professionnelle et la capacité à intégrer la transition écologique dans son activité.
Intégrer la transition écologique dans un dossier de VAE consiste à identifier et valoriser ses compétences techniques, organisationnelles et comportementales en lien avec la durabilité. Cette démarche permet non seulement de répondre aux attentes des jurys, mais également de renforcer sa pratique professionnelle et de contribuer à un impact environnemental réduit.